Entre Nice et Paris Raymond Hains est décédé
« Raymond Hains m'énerve. Il y a une énigme Hains : sa gloire est surfaite. Qu'un Pansémiotique, qu'un lettriste l'apprécient, je comprends ça mais comment expliquer son succès en Autriche ou en Allemagne où ils ne comprennent pas un mot de français. » a dit de lui cet agité de Ben.
Sans doute mais lorsque vous regardez les panneaux déchirés de Raymond Hains, c’est d’une très grande beauté et l’on a l’impression étrange que c’est actif, que c’est vivant. Une transposition poussée de la réflexion, ou l’inverse, car en plus il ne manquait pas d’humour Raymond. À la fin des années 50 avec Jacques de la Villeglé, ses affiches lacérées préfigurèrent l’art urbain, mouvement qui prit de l’ampleur à partir de Jean-Michel Basquiat. Il devient le héros de beaucoup de jeunes artistes un maître de la pansémiotique, un poète de la rue, un tchacheur, car Raymond est bavard. Était bavard.